Les gracieuses petites histoires

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 Bande d'ingrats !

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gracieuse

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Date d'inscription : 13/04/2016
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MessageSujet: Bande d'ingrats !   Jeu 19 Oct - 14:35

Pfiou ! C'est vite fait, parce que j'ai manqué un peu de temps, mais voilà : je me retrouve dans Ma vie en blog (roman publié - plus facile de comprendre ce qui se passe pour ceux qui connaissent )
https://www.amazon.fr/Ma-vie-blog-Notice-amoureuses-ebook/dp/B06Y1VTGLG/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1507582101&sr=8-1&keywords=ma+vie+en+blog

J'entends une porte qui claque en pleine nuit et un bruit de corps qui tombe dans un canapé. En riant. J'attends un peu pour écouter d'autres bruits éventuels, à moitié endormie. Rien. Je tâtonne de mon côté. Personne. Rien. Je me lève doucement pour aller voir, à pas de loup, qui peut bien être cette personne. Si je suis chez moi, personne ne rentre à ces heures indues. Sauf moi. Rarement seule d'ailleurs. Je dors à l'étage. Comment puis-je entendre aussi bien la porte d'entrée claquer et un canapé qui craque comme un clic-clac ? Je marche avec précaution à la lueur de mon GSM. Je vois une forme allongée, ronflante, des cheveux blonds tapissent un côté du canapé jaune. Impossible que ce soit chez moi. J'ai des meilleurs goûts. Je regarde de plus près et je reconnais. Claire. Une superbe blonde endormie et fortement alcoolisée. Elle empeste sur ses vêtements de soirée. Surprise, je cherche autour de moi, je ne vois pas d'indice. Que fais-je ici ? A quel moment de son histoire est-on ? Elle est seule. Clotilde n'est pas près d'elle. Ni un homme. Je dois être en plein rêve. Je passe tellement de temps à les décrire et à les voir agir dans mon imagination que je les vois réellement avec moi. C'est grave. Aucune trace de mon assistant. J'ai dû lui donner sa soirée, généreuse comme je suis. Je me demande quand même ce que je fais dans Ma vie en blog.

Une sonnerie de téléphone. Pas la mienne. Avec une musique de danse. Où suis-je ? Je me lève, me dirige vers la salle à manger où je vois toujours cette chevelure blonde qui gémit péniblement. Je vais dans la cuisine lui préparer un café. Je connais les lieux. J'ai tout décoré moi-même. Je prends deux tasses et je clame :
« -- Debout la fêtarde ! Tu ne vas pas passer la journée au lit !
-- Maman ?
-- Oui, c'est tout comme. Lève-toi ma petite Claire, tu as quelques petites choses à m'expliquer. »
Elle lève le nez, yeux clos, tendant les mains vers l'odeur de café. Je lui tends la tasse.
-- Où étais-tu hier ? Au club ? Avec Clo ? Et Tino ?
-- Quoi ? C'est un interrogatoire ? Vous êtes qui ?
-- Ta mère, enfin ta créatrice.
-- Maman ?
-- Gracieuse. Celle qui t'a donné vie et qui t'a fait vivre.
-- A ce propos, on a des choses à se dire !
-- Tu ne vas quand même pas me reprocher tes choix ? Je t'ai laissée libre de tes actions et c'est toi qui t'es orientée toute seule vers cette vie.
-- C'est facile ça ! C'est vous qui m'avez propulsée dans cette carrière de danseuse avec cette vie délurée.
-- Tu aurais préféré être comme Clo ? A t'ennuyer dans ton boulot, amoureuse de ton ami sans oser lui avouer ?
-- J'y peux rien. Elle ne m'écoutait pas. Elle avait la trouille.
-- Et son blog, c'en est où ?
-- Son quoi ?
-- Laisse tomber. Appelle-la, on va causer toutes les trois.
-- On vient de rentrer de soirée. Là, je ne suis pas en état et elle encore moins.
-- Petites joueuses. Je me demande comment j'ai pu concevoir des filles aussi chochottes.
-- Je ne suis pas une chochotte ! Je vis seule, je m'assume, j'ai une cour d'admirateurs, je pourrais avoir une vie pire.
-- Ne me tente pas !
-- Ah non ! Ce qui est écrit est gravé dans le marbre. Sinon, c'est tricher.
-- Tu ne sais pas où j'en suis arrivée, ma belle.
-- Laissez-moi tout ça, je vous promets de ne pas...
-- Pas de promesse, Claire, tu es très bien comme tu es. Fais ta vie et tes choix. Je t'épaulerais.
-- Merci Maman Gracieuse. J'appelle Clo. Voulez que j'appelle Tino aussi ?
-- Ah ben si tu veux ! Ca me fera plaisir de tous vous voir autour de moi.
-- Ca sonne. Clo ! Faut que tu viennes vite, il y a maman à la maison.
-- Ta mère ? Qu'est-ce qu'elle fout chez toi à l'improviste ? Elle vient d'arriver ? T'avais l'air bourrée encore ?
-- T'inquiète, c'est ta mère aussi. C'est Gracieuse. Elle en a fait des pires que nous.
-- Ben... Je sais pas, j'arrive dans trente minutes.
-- Tu préviens Tino ? Il est avec toi ?
-- Oui. T'inquiète, on arrive ensemble. Elle a dit quelque chose sur moi ?
-- Non, rien. Elle veut juste nous voir.
-- Tu sais ce qu'elle fout là ?
-- Non, on est sur haut-parleur. C'est dommage qu'elle n'était pas avec nous hier.
-- Je sais pas. Tino n'aurait peut être pas apprécié.
-- Bah on l'aurait mis au lit et...
-- Z'avez fini la causette ? Pendant que vous êtes au téléphone, elle ne se prépare pas pour arriver. Je ne sais pas combien de temps j'ai, moi !

Clotilde arrive rapidement, accompagnée de Sébastian. Je ne sais deviner ce qui se trame entre eux encore. Elle a l'air assez tendue à l'idée de me voir. Je lui fais un sourire encourageant. Claire a joué au chat et à la souris avec moi en me posant des questions insidieuses pour en savoir plus sur l'avenir qui les attend et les projets que j'ai pour eux. Finalement, je n'ai pas pu en savoir grand chose et je en sais véritablement où en sont les évènements à l'heure où je me présente à eux. Je me lève pour aller embrasser Sébastian. Chaleureusement. Bien plus qu'une mère ne l'aurait fait, d'ailleurs, mais comment résister au charme hidalgo de cet homme ? En même temps, je pourrais savoir s'il reste froid à mes attraits féminins qui sont régulièrement appréciés par les kinés, les juges et les autres hommes en général et... Si ma petite Clo réagit avec une légitimité qui lui est due ou pas. Je m'amuse à me coller contre lui et le serrer dans mes bras. Il me serre aussi, gentiment. C'est une crème, ce Sébastian, quand on sait le prendre. Il me sourit. Je l'embrasse doucement sur la joue et lui murmure que je suis contente de le voir en chair et en os. Clotilde n'a pas bronché. Même pas un regard mauvais. Soit elle est bien brave et elle encaisse mieux que je ne lui ai appris, soit elle part du principe qu'ils sont comme mes enfants et que je ne commettrais pas cet inceste. Un partout, balle au centre. Je la serre dans mes bras à son tour. Elle l'a bien mérité, cette petite. Je m'assieds à table en demandant un café pour tout le monde que Claire nous prépare.

« -- Alors, qu'allez-vous faire de nous ? demande Claire.
-- Eh bien à l'heure actuelle, j'ai prévu plusieurs séries de vos aventures. Ne vous inquiétez pas.
-- Mais on ne va pas trop souffrir ? S'inquiète Clotilde
-- Tu veux savoir ce que je vous réserve ? Je ne peux pas le dire, ma chérie, je ne suis pas voyante. Parfois, vous avez des réactions qui me surprennent. Je ne sais pas ce que tu feras si je te mets dans une situation particulière.
-- J'ai réussi à vous surprendre ?
-- Bien sûr, plus d'une fois.
-- Et moi ? S'enquiert Claire
-- Toi, encore plus. Pourtant, tu avais un certain potentiel, mais tu as choisi une voie inattendue.
-- Vous m'en voulez ?
-- Pas du tout, tu fais ta vie. Comme dit ma sainte mère, on ne fait pas des enfants pour soi, on les éduque du mieux qu'on peut et on essaie de gérer. Avec vous, c'est pareil.
-- Vous avez beaucoup d'enfants ?
-- Laissez-moi compter... Vous voulez parler des enfants des romans ou des nouvelles ?
-- Il y en a tant que ça ?
-- Un certain nombre, oui. En comptant tous ceux pour lesquels l'histoire n'est pas encore vraiment décidée.
-- Pourquoi c'est nous qui avons évolué le plus vite ?
-- Je ne sais pas, parce que vous me donniez des idées, parce que j'aimais passer du temps avec vous.
-- Rhooo ! Mais c'est gentil tout plein, ça ! S'exclame Claire
-- Et toi, Sébastian, tu n'as rien à me dire ?
-- Non, Gracieuse, je suis très bien comme ça.
-- Rien à me demander ? Rien à solliciter ?
-- Oula, vous prenez des risques, maman Gracieuse ! S'amuse Claire
-- J'ai ta liste en tête, ma chère Claire. Je vois que Clotilde meurt d'envie de me demander aussi un certain nombre de choses. Et toi, Sébastian, tu restes stoïque.
-- Je laisse les filles parler, moi, je suis très bien comme ça, j'ai tout ce qu'il me faut.
-- Quelle galanterie, mon cher, je savais que je t'avais bien équipé.
-- Ah, justement, parlant de mon équipement...
-- Que veux-tu de plus ?
-- Je plaisante, Gracieuse...
-- Et moi, je peux vous demander un petit truc ou deux, Maman Gracieuse ? Demande timidement Clotilde.
-- Vas-y, fais-moi ta liste, Claire m'a déjà parlé de ce que tu voudrais, on va pouvoir terminer la demande. A mon tour de vous demander quelque chose. Vous pourriez aussi faire quelque chose pour moi ? Au moins une fois faire quelque chose qui suive mon plan ?
-- Et pourquoi ? C'est à vous de mieux prévoir les choses, on n'y peut rien nous.
-- C'est toujours pareil ! Nous, les parents-auteurs, on peut tout écrire pour vous, mais vous ne faites aucun effort ! Bande d'ingrats !
Je me lève, furieuse, repartant vers la porte d'entrée où je retrouve le sommeil. Impossible d'obtenir quoi que ce soit de ses personnages... Je ne pense pas être la seule dans ce cas.
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