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 Ma vie en blog

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gracieuse

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MessageSujet: Ma vie en blog   Jeu 19 Jan - 8:21

Vous l’attendez tous !
Voix off : non, vous ne le savez pas encore, mais laissez-la espérer un peu, la pauvre. Donc, on parle bien de Ma vie en blog, nous sommes d’accord.
Ma vie en blog va sortir en version ebook et papier dans quelques semaines. Pour vous aider à patienter, voici le chapitre 1.
Voix off : et n’oubliez pas bien sûr de partager, d’aimer, de lire et de recommander, enfin la routine habituelle, quoi ! comme on dit dans Astérix.

Chapitre 1
Samedi 4 mars 2000

La fête bat son plein chez Nicolas qui fête ses trente-cinq ans, l’alcool coule à flots.
– Seb, Clo est complètement faite, faut que tu viennes, prévient Claire, alarmée.
– Elle est où ? demande-t-il, inquiet.
– Dans la salle à manger, elle s’apprête à faire un strip-tease, dit-elle, montrant la direction.
– Tu l’as pas arrêtée ?
– Elle veut rien savoir, vaut mieux que t’y ailles.
Dans la salle à manger, Clotilde se tient au milieu de la pièce, agitant un bas en riant.
– Viens par ici, Tida, intervient Sébastian en lui prenant le bras.
– Non, j’ai relevé un défi, je dois le réaliser, lui répond-elle avec un air pompette.
– Le défi est annulé, lui répond-il en fusillant le parieur du regard qui n’ose le contredire.
Sébastian décide de la ramener chez elle. Il la soutient par le bras pour marcher, son autre bras glissé autour de sa taille. Il ouvre la porte de son appartement pour la mener dans le living-room. Une fois assise sur le canapé, près de lui, elle lui dit en tentant de parler intelligiblement :
– Je te le dis maintenant parce que je suis bourrée et que j'oserais jamais te le dire à jeun, mais suis raide dingue de toi, Tino. T'es un mec génial et je comprends pas pourquoi t'as pas de nana fixe. Tant mieux, suis pas jalouse comme ça, mais celle qui sera ta copine officielle aura d'la chance. Parce que des mecs comme toi, y'en a pas beaucoup. Et si j'étais pas aussi mal, je t'aurais embrassé, juste une fois, parce que j’en ai envie depuis longtemps. Oula, ça va pas bien je vais vomir !
Elle n’a pas le temps de terminer sa phrase que le contenu liquide de son estomac se vide sur le sol. Sébastien la porte jusqu'à la salle de bains pour l’aider à se laver.
‒ Suis désolée, suis pas bien, s’excuse Clotilde.
– Ce n’est pas grave Tida, je suis là, la rassure-t-il doucement.
– T’es vraiment adorable, comment tu veux que je sois pas amoureuse de toi ?
– Tu as bu ma belle, tu vas aller dormir et tu auras oublié demain.
Il la porte dans sa chambre pour l’allonger doucement sur le lit.
– Tu peux dormir à côté de moi, je te ferai rien, suis pas en état, lui atteste Clotilde.
‒ Si tu veux.
– Tu m'fais un câlin ? quémande Clotilde en lui ouvrant les bras, allongée.
– Viens dans mes bras, mais si ça va pas tu me le dis ? lui répond-il en s’allongeant près d’elle.
– Promis.
Elle se niche contre lui en lui disant.
– T'es vraiment un mec génial, Tino. Si tu veux, je pourrais te faire un enfant et on l'élèverait à deux. Même si tu veux pas être en couple avec moi. M'en fous. Y a pas mieux que toi comme mec et tu serais super comme père. Je te vois bien comme papa, moi. Pis on continuera à vivre comme on fait déjà, c’est une bonne solution, non ?
Elle s’endort dans ses bras alors qu’il la regarde pour vérifier qu’elle ne fait pas un malaise.


« Dimanche 5 mars 2000 - 16h06
Cher blog, ou lecteur de ce blog, peut-être ?
Je me présente Cassandre (nom d'emprunt parce qu'il est joli), une idiote. Je suis en pleine gueule de bois et je ne sais pas à qui parler, quelqu’un qui ne me jugera pas. Alors j'ai choisi d'ouvrir un blog. Si ça se trouve, je vais effacer ce blog dans deux heures. Je fais n'importe quoi en ce moment. Hier, j'ai dit à un très bon ami que je l'aimais. Pas comme ami bien sûr. J'étais bourrée. Ronde comme une queue de pelle. Plus jamais je bois. L'alcool, c'est mal. J'ose même pas appeler ma copine qui était là pour lui demander quoi faire. Sais pas si elle en a entendu parler, je ne me rappelle pas de tout. Je me rappelle juste d’avoir dit à mon très bon ami que je suis amoureuse de lui, mais où, qu’ai-je dit, comment ? J’ai des trous. Je sais déjà ce qu’elle va me dire, elle va me dire d'y aller et que je n'ai rien à perdre. Mais justement, si, j'ai tout à perdre. Son amitié, notre complicité, nos activités. Trop. Je n'ose pas l'appeler lui non plus, d'ailleurs. Qu'est-ce que je peux lui dire ? Écoute, copain, ça fait un moment que je suis attirée par toi, mais j'ose rien dire parce que t'as pas l'air intéressé. Hier, j'étais bourrée et du coup, t'as entendu des trucs que je voulais pas te dire. Ou je lui écris une lettre. Oui, c'est mieux. Comme ça, je dis ce que j'ai à dire et s'il ne m'en parle pas, c'est qu'il n'est pas intéressé. Et s'il ne veut plus me voir, c'est que je lui ai fait peur avec mes déclarations. Pis si ça se trouve, il en a une en vue. Il ne dit pas toujours ce qu’il pense sur la nana avant que ce soit fait, mais c'est un homme, s'il a une occasion, il ne la ratera pas. Bon, je fais quoi ? Je pourrais lui écrire ça :

"Mon cher T.
Je t'écris suite à la soirée d'hier. Merci d’avoir pris soin de moi une fois de plus. J'espère que t'as pas pris ma déclaration au sérieux. J'étais complètement saoule et je savais plus ce que je disais, comme t'as vu. Tu t'es pas fait un tour de rein en me portant ? Joke, je sais que tu portes bien plus lourd à la salle. Je suis désolée. Et je paierai pour le nettoyage de ta chemise. Enfin non, je vais t'en offrir une autre plutôt. Une qui va avec tes yeux. Tu feras encore des ravages en soirée. Et moi, j'essaierai de ne pas crever les yeux de la prochaine poufiasse qui te mettra la main dessus. »

Non, je peux pas écrire ça. Reprends-toi ma grande ! Y a que toi qui y pense. Regarde la dernière fois dans la chambre, z'étiez seuls, il aurait eu 25 millions d'occasions et il a rien fait. S’il y pensait, il aurait fait quelque chose. Et moi, je le regardais. Il était tout mignon, concentré sur son ordinateur, à chercher ce fichier qu’il n’arrivait pas à ouvrir. Il était sur le lit avec moi, le portable sur les genoux, on était tout près l'un de l'autre. J'attendais que ça. Un baiser, une caresse, un regard au moins. Sais pas, quelque chose ! Finalement, rien. D’accord, j’ai rien osé non plus. C’était pas la première fois qu’on était assis tous les deux sur un lit. Peut-être que je m'imagine trop de choses. Je vois des allusions là où il n'y a rien. Surtout qu’on a déjà dormi ensemble une fois ou deux, et il ne s’est jamais rien passé. Pourquoi il m’aurait embrassée s’il se retrouvait dans un lit avec moi alors qu’on l’a déjà été quelques fois sans qu’il ne se passe rien ? Mais je ne sais pas pourquoi, j’ai commencé à le regarder différemment depuis quelque temps. Et maintenant, dès que je suis près de lui, je perds la tête. Je me rappelle de chaque détail de ce moment-là. Il m'avait demandé de dépanner son PC. Je travaille dans un secrétariat où je fais aussi un peu de support bureautique, donc, j'avais regardé parce qu’il en avait besoin pour le lendemain, au boulot. L’ordinateur avait une mise à jour à télécharger qui bloquait certainement l’accès à ce fichier. Enfin soit, c’est des détails, mais cela explique ce que nous faisions assis sur un lit, tous les deux avec un PC portable sur les genoux. Il y a quand même des accessoires plus sexy pour ce type d'endroits. J'ai gardé une distance respectable, bien sûr, mais fallait pas trop bouger ou on était collés l'un sur l'autre... Le matelas est un peu vieux. C'est pas que ça m'aurait dérangée. Et donc, pendant qu'il cherchait l'emplacement de son fichier sur l’ordinateur, j'examinais sa peau, ses mains. Je me demandais quel effet elles pourraient avoir sur moi, quand elles se promèneraient tout doucement sur mon corps. Puis plein d'autres idées dans le genre ont suivi, bien sûr. Dans ce cas, on n'est pas avare. Sauf que... Vaut mieux faire ça quand on est loin de l'objet des fantasmes en question sous peine de se retrouver surprise, au milieu d'une scène érotique où il m'avait attrapée pour m'emmener sous la douche dans la salle de bains attenante. Et de ne même plus se rappeler pourquoi on était là. Excel ? Hum ? XXL ? Graouuu, vantard... Tu me montres que je confirme ? Ah, le fichier xlsx... Tu disais ? Ne pas boire quand on se retrouve tout près de l’objet de ses fantasmes. Pas bien. Dangereux. On a vu hier.
Pourtant, si on me demande, dans l’absolu, je ne serais pas attirée par ce type, trop grand, trop musclé, trop belle gueule. Il mesure 1,87 m et moi, je n’en fais que 1,69 m, même pas 1,70m, je ne les aime pas trop grands, moi. Il est sportif en plus, il fait du taekwondo et de la musculation. Moi… Je dois toujours m’y mettre. Pourtant, il y a des cours à la salle où il va. Il m’a déjà proposé d’y aller avec lui. On est tout le temps ensemble. Je l'adore, c’est pas la question. En photo, il passe pour un mannequin, en réel aussi, d’ailleurs. Il est adorable, attentionné, protecteur... Tout pour plaire à une fille, quoi. Et en plus, il est hétéro. Oui, c'est rare. Et moi, je suis son amie, et je me contente de le conseiller sur les filles. Elles sont toutes en train de baver quand elles le voient arriver. Elles veulent vite savoir si je suis sa nana ou pas, parce qu’on est très proches tous les deux, on passe souvent pour un couple. Du coup, quand je leur dis qu’on n’est pas ensemble, elles veulent que je leur présente et que je lui parle d’elles. Et plus le temps passe, moins j’ai envie de leur confirmer que je ne suis qu’une amie ou de dire à mon ami qu’unetelle ou unetelle lui aurait bien mis la main dessus. Je crois que je n’ai pas complètement dessaoulé, je vais me reprendre un café. Quelqu’un peut retirer ce troupeau d’éléphants de ma tête ?»

Clotilde se connecte sur son compte Facebook pour vérifier les derniers évènements sur son mur, un café brûlant devant elle. Elle en a profité pour faire sortir son cochon d’Inde de sa cage. Une conversation s’ouvre.
– Ça va ma Tida ? lui demande Sébastian.
– Moui, j’ai mal à la tête. Je t’ai même pas entendu partir.
– Je me doute, oui. Tu veux que je passe ?
– Non, ça ira, merci, je pense que je vais errer un peu sur le net et retourner dormir pour faire passer ça.
– Comme tu veux.
– Je suis désolée pour hier, répond Clotilde.
– C’est rien, t’inquiète. Je t’ai sauvée à temps.
– T’es un ange.
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MessageSujet: Re: Ma vie en blog   Jeu 26 Jan - 6:25

Lundi 6 mars 2000

En arrivant au travail, Clotilde remarque une affiche de concert. Elle s’arrête et prend son téléphone, elle tape un message rapidement sur Facebook.
– Tino, j’ai vu qu’il y a un concert de ton groupe, les chaussettes sauvages. Ils passent ce mercredi. Je note les informations et je prends deux places. Pour le reste, rappelle-moi ce midi. Bisous.
Elle raccroche, fait une photo de l’affiche et marche plus rapidement vers son bureau. Le midi, il la contacte via Facebook alors qu’elle est connectée pendant sa pause.
– Tida ! T’as une super idée, je ne savais pas qu’ils passaient, on fait comment ?
– Ben c’est ce mercredi à vingt heures, ça va aller ?
– Ça passera. Surtout si je peux dormir chez toi.
– Ben oui, c’te question !
– Alors nickel. Je t’invite à l’Agapé samedi. On n’a rien de prévu ?
– Tino, t’es fou ! Ça coûte la blinde !
– Oui et alors ? Sans toi, je n’aurais pas pu les voir en live. Puis je vais en profiter doublement. Je réserve ?
– Je ne vais pas te dire non… Faut voir s’il y a de la place.
– Allez, je file, bisous ma Tida.


« Lundi 6 mars 2000 - 13h32
Le boulot a repris. Je me suis traînée pour aller travailler en renouvelant ma promesse sur l'alcool. Plus jamais je bois. J’ai encore la tronche en vrac. Puis je suis passée devant une affiche d'un concert. Un groupe que mon ami aime. Il n’était pas au courant du tout et qu’il était super content que je l’invite. C’est pas tous les jours que ce groupe passe en France, faut en profiter. Du coup, comme je l'invite à ce concert, il m'invite dans mon resto préféré ce week-end. OK, j'en ai plein. Mais il a choisi le plus cher. Elle vaut pas tout ça, cette place de concert ! Je suis touchée et je me demande si on va reparler de cette soirée où j'étais beurrée comme un petit lu. Je me rappelle même pas de tout. Je dois m’excuser de beaucoup de choses ? Aucune idée. Pourtant, j’ai réfléchi beaucoup et j’ai demandé à ma copine qui m’a dit qu’il est venu me chercher pour éviter que je fasse un strip-tease et que le type qui m’avait défiée a manqué de faire dans son slip quand il a vu le regard de mon ami, je vais l’appeler Miguel pour que ce soit plus simple à comprendre. Puis je me rappelle qu’il a dormi chez moi, dans mon lit près de moi. J’étais dans ses bras quand je me suis réveillée. J’y suis un peu restée, j’avoue. J’y étais bien. Tant pis, faut assumer parfois. Et mettre ça sur le dos de l'alcool surtout. Je l'aime trop pour que ça change entre nous. Plutôt amie amoureuse sans issue que rien du tout. Il était comme mon frère pour moi, je ne sais pas ce qui m'arrive, je ne comprends pas. On a tout fait ensemble, même partagé un lit, quelques fois, sans qu’il ne se passe rien, je dormais avec mon frère ! Il m'a raconté ses malheurs, moi aussi, j'ai pleuré dans ses bras quand ça n'allait pas. Et j’ai eu une très sale période où il m’a énormément soutenue. Je le connais par cœur. On se connaît depuis 10 ans. Ça va passer parce que c'est pas possible de passer à autre chose. Enfin je veux dire, changer notre relation. Et puis c’est un pote avant tout. Ça ne se fait pas, on s’entend très bien comme ça, on s’adore, ça sert à quoi de rajouter le sexe dans l’affaire ? Si ça se trouve, je serais affreuse en petite amie, et il va finir par me détester parce que je vais avoir plein d'attentes de lui. Quand il est mon ami, s’il est en retard, s’il s’en fout de quelque chose ou ne s'en occupe pas, je laisse couler, c’est pas grave. Il est comme ça. Mais s’il est mon copain... Bon, d’accord, je ne vais pas vouloir le changer, suis pas née de la dernière pluie, les princes charmants qu’on modèle à son idée, ça n’existe pas, merci. Encore moins mon ami. Mais bon, quand même un peu quoi ! Je voudrais d’office changer quelques trucs sur ses tenues, sa coupe de cheveux ou ce sac affreux qu’il balade tout le temps. Lui filerais bien une pièce parfois, tellement il fait clochard quand il porte ses vieux joggings. Mais il est un ami. Il fait ce qu'il veut. Je n'ai rien à lui dire sur ça. Sauf s’il me demande mon avis. J’ai réussi à lui faire acheter quelques trucs sympas. Et il va mettre la chemise que je lui ai offerte pour aller au restaurant. Je vais devoir me retenir pour ne pas lui sauter dessus. Il est trop craquant dans cette chemise. »
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gracieuse

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MessageSujet: Re: Ma vie en blog   Jeu 2 Fév - 4:47

Mercredi 8 mars 2000

Clotilde est dans sa chambre, visiblement nerveuse, devant son armoire ouverte. Elle jette un nouveau tee-shirt au sol.
‒ Qu’est-ce que t’en dis, Babe ? Ça ira comme ça ?
‒ Gniiigniiigniiiigni… le cochon d’Inde lui tourne le dos.
‒ Ça va, j’ai compris, je change !
L’animal a été libéré de sa cage dès l’arrivée de Clotilde, comme chaque soir. Il l’a suivie dans sa chambre et joue avec un morceau de bois qu’elle lui a donné pour l’empêcher de manger les plinthes de la chambre. Elle jette le tee-shirt au sol, sur les autres, puis en cherche un autre en soupirant bruyamment.


« Mercredi 8 mars 2000 - 17h54
Jour J. Le concert. J'ai passé des heures à me préparer. Comme une bécasse… On va à un concert pour nous amuser, pas à un bal rupin ! Je me suis lavé les cheveux, j'ai changé de tenue plusieurs fois, j'ai des tee-shirts qui traînent partout, j'ai essayé 3 jeans différents, j'ai d'ailleurs grossi, il va falloir que je fasse attention. Même mon cochon d’Inde n’aime pas ma tenue, il n’a pas arrêté de partir dès que je lui montrais quelque chose. Oui, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a… D’habitude, il se met sur ses deux pattes et vient me voir. Et... Faut que je me calme, c’est qu’un concert avec un ami. Rien de plus. C’est pas un rendez-vous amoureux. Bon, on frappe à la porte. Suis mal.»

‒ Babe, viens ici ! crie Clotilde.
‒ Pourquoi tu le laisses pas dans sa cage, Tida ?
‒ Oh ben parce qu’il a réclamé de se dégourdir les pattes, donc, voilà…
Sébastian attrape le cochon d’Inde qui crie de dépit et le remet dans sa cage.
‒ On y va ? Comme ça, on pourra manger un truc dans le coin.
Il la prend dans ses bras pour un court câlin après lui avoir fait une bise sur la joue.
‒ Je suis très content que tu aies eu ces places. C’est super gentil d’y avoir pensé, lui dit-il avec un sourire.
‒ Vu le resto que tu vas m’offrir, je dois encore t’inviter à un autre concert.
‒ T’inquiète, je me fais plaisir aussi en y allant, il est très bon ce resto. Tu pourras me repasser des fringues par contre ?
‒ Bah t’as qu’à venir t’habiller ici, ce sera plus facile. Pis t’auras qu’à dormir ici, ça sera plus simple.
‒ Oh toi, tu mérites le café au lit !
‒ Et moi, je vais chercher d’autres concerts sympas où t’inviter, minaude-t-elle.


« Mercredi 8 mars 2000 - 23h47
Ben rien… Voilà. Il ne s'est rien passé de plus que d'habitude. Le concert était génial, la papote, parfaite comme toujours, et l’ami, toujours le même aussi. Il n’a rien dit. Il n’a même pas reparlé de cette fameuse soirée. Comme si rien ne s’était passé. Comme s’il avait compris que j’étais pleine comme une barrique et voilà. Il a déjà oublié. Mais bon, quand je suis bourrée, je dis la vérité. J’ai pas de filtre. J’ai pas osé en reparler non plus, de peur qu’il se moque de moi ou qu’il dise quelque chose sur le sujet qui ne me plairait pas. Qu’il me remette les idées en place en me rappelant qu’on ne peut pas changer notre amitié. Pis bon, on était là pour s’amuser après tout. Envie de passer une bonne soirée. C’est ce qu’on a fait. J’ai été agréablement surprise par ce groupe. Il arrêtait pas de m’en parler, et franchement, oui, maintenant, je comprends pourquoi. Bon, j’achèterai pas leur album et je me le passerai pas en boucle comme lui, mais c’était bien. Pis la soirée avec lui aussi c’était bien. Comme deux potes. Comme d’habitude. Et ça, c’était bon. Faut juste que j'arrête de penser aux moments où il me fait un câlin pour me remercier d’avoir pensé à lui ou me dire au revoir. Mais une poignée de main, c’est quand même vachement moins agréable. »
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MessageSujet: Re: Ma vie en blog   Jeu 9 Fév - 5:48

Samedi 11 mars 2000

‒ Ce soir, c'est ton soir, tu demandes et tu obtiens, annonce Sébastian à Clotilde.
‒ Ne me tente pas ! se moque Clotilde.
‒ Je sais que tu es une femme raisonnable, surtout maintenant que tu as vieilli d’un an.
‒ Et ça commence ! Pas tant que ça, quand même ?
‒ Mais non ! Tu sais aussi faire la folle, allez, ce soir, je suis aux petits soins pour toi, abuse autant que tu veux, lui dit-il en la poussant par la taille vers le sauna où il veut la faire entrer.
Ils sont aux thermes, en peignoir et s’apprêtent à entrer dans un des saunas. Clotilde rit en retirant son peignoir devant les crochets et en entrant dans la chaleur de la pièce. Elle étale sa serviette sur le banc et s’allonge de tout son long, protégée d’un paréo léger en coton. Il se met sur l’étage du dessus, près d’elle, sur le ventre pour pouvoir lui parler.
‒ Après, si tu veux, je t’emmènerai au hammam et je te ferai un massage au savon.
‒ C'est vraiment mon jour ! s’exclame Clotilde.
‒ Si tu reviens, tu en auras d'autres. Tu verras, on y prend vite goût.
‒ De se balader à poil ou de passer d'une température à une autre ?
‒ Les deux et parfois, si t'as de la chance, le spectacle des autres hommes présents n'est pas dégueulasse, lui dit-il en lui faisant un clin d’œil.
Une personne entre et demande s'ils veulent qu'il mette un peu d'huile essentielle sur les pierres. Sébastian acquiesce en se redressant. Il invite Clotilde à s'asseoir. Il lui masse doucement les épaules pendant que l’homme met quelques gouttes d’huile dans la louche d’eau avant de la verser en douceur sur les pierres chaudes. Sébastian lui murmure à l’oreille que c’est ce que l'on appelle un versement pendant qu’il agite une serviette pour diffuser la vapeur aromatisée par l’huile dans le sauna.
‒ On va voir Claire ? demande-t-elle à Sébastian, une fois sortis du sauna. Elle a décidé d’aller profiter des bulles au jacuzzi, répond-elle en se laissant guider vers le bassin.
‒ Si tu veux qu’on aille faire un hammam, elle pourrait venir aussi.
‒ Profitez les enfants, moi, je reste dans mes bulles, ça me fait un bien fou, répond Claire en les renvoyant d’un geste.
Clotilde et Sébastian se dirigent dans le hammam où il installe un petit tapis en caoutchouc pour qu’elle puisse s’allonger, un petit coussin pour poser sa tête et il lui montre le savon qu’il a préparé.
‒ Le délice de Tida, ça te va ? demande-t-il, servile.
‒ Je te dirais ça quand tu m’auras massée.
‒ Gourmande…
Elle lui tire la langue et s’allonge sur le tapis. Il la masse doucement en partant des pieds pour remonter le long de la jambe. Il lui glisse à l’oreille.
‒ Je peux masser partout, même les zones plus sensibles ?
‒ Je préfère éviter les fesses et la poitrine quand même.
Il masse l’autre jambe avec le même doigté et continue vers son dos où il appuie un peu plus. Il en profite pour s’attarder et insister sur la colonne vertébrale. Il remonte vers son cou et le masse doucement. Elle pousse un soupir d’extase. Il sourit.
‒ Je vois que tu apprécies.
‒ C’est le pied d’enfer.
‒ N’aie pas un orgasme trop fort, elles vont toutes me réclamer un massage après, lui murmure-t-il à l’oreille.
‒ Pas ce soir, tu m’as dit que c’est mon soir, tu es à moi toute seule.
Il rit et lui masse le crâne vigoureusement. Ils retournent voir Claire qui se prélasse dans le jacuzzi. Ils y entrent pour lui tenir compagnie. Ils discutent ensemble du dernier film qu’ils voudraient voir, oubliant Claire. Elle sort du bassin et leur annonce d’un air las.
‒ Je vais y aller, je dois me lever tôt demain.
‒ A plus tard, je t’appelle, lui répond Clotilde.
‒ C’est ça, bonne soirée les enfants !
Sébastian embrasse Clotilde doucement sur la joue, elle frissonne.
‒ Je veux bien manger un petit truc et après, bien…
‒ J’essaie ma nouvelle huile avec un massage plus long, annonce Sébastian.
‒ Si j’ai des boutons partout ?
‒ Je devrais encore te masser, mais pour te passer la crème partout alors.
Elle sort du bassin sans répondre, rougissante, allant vite récupérer son peignoir pour se cacher dedans. Il sort tranquillement, nu comme un ver, et retourne vers le restaurant la serviette à la main sous les regards intéressés des femmes présentes. Ils mangent dans un endroit un peu confiné où ils discutent un peu de leurs emplois respectifs. Il lui prend la main et la serre doucement.
‒ Ça ira mieux bientôt, ne t’inquiète pas. Puis on ira boire un coup pour fêter tout ça.
‒ J’espère oui, répond Clotilde, dubitative.
‒ Allez, un café et on y va ?
‒ Où ?
‒ Dormir, lui répond-il du tac au tac.
‒ Et mon massage ?
‒ Madame est exigeante !
‒ Faut pas me promettre des choses comme ça, surtout après celui du hammam.
‒ Je vois que t’y as pris goût.
Elle lui fait un clin d’œil. Ils vont s’installer dans la salle de repos où quelques personnes dorment. Il choisit une couchette un peu éloignée où il dispose une serviette éponge.
‒ Installe-toi là. Enlève ton peignoir.
‒ Euh ? Et je mets rien d’autre ?
‒ Je vais mettre une serviette sur tes petites fesses pour les cacher, se moque-t-il.
‒ C’est pas drôle.
‒ Si et c’est mignon.
‒ Pfff, soupire-t-elle.
‒ Installe-toi sans râler, ça te changera.
Il la masse en silence et avec application. En remontant dans son dos, elle frissonne. Il lui murmure à l’oreille.
‒ Détends-toi, on est tous seuls.
‒ C’est censé me détendre ça ?
‒ Ben si tu veux apprécier avec des soupirs, tu ne dérangeras personne.
‒ Vantard… répond-elle en riant.
‒ Tu ne disais pas ça tout à l’heure, au hammam.
‒ Hum… Même maintenant, je te dirais, soupire-t-elle.
Il termine de la masser en douceur, elle reste allongée quelques instants. Il lui caresse les cheveux pour la détendre.
‒ Tu mérites un gros câlin tiens, lui dit-elle.
‒ Je t’en prie, on est seuls ici, mais on peut être dérangés !
‒ Ah mais non, mais je voulais pas dire ça ! Enfin, t’as… se défend Clotilde, sentant son visage s’empourprer à mesure qu’elle parle. Elle s’arrête en voyant son air hilare.
‒ C’est pas drôle, lui répond-elle d’un air boudeur.


« Dimanche 12 mars 2000 - 00h39
Miguel mon ami m’a invitée aux thermes. C’est pas son vrai nom, mais je vais l’appeler ainsi, c’est plus facile pour parler de lui. C’était pour mon anniversaire, qu’il m’a dit. J'ai eu 35 ans. Il s'est moqué de moi parce que je rapproche de la quarantaine. Alors que lui, c’est dans à peine deux ans qu’il va fêter la sienne. Et je compte bien lui faire la totale, une de ces fêtes qu’il n’oubliera pas. Enfin bref, je parlais des thermes. Il m’a prévenue au dernier moment que ce jour-là, c’était sans maillot. J’ai failli faire demi-tour. En plus, pour me mettre à l’aise, il avait invité ma copine. Je vais l’appeler Sheila, ça va être plus facile pour se repérer, même si elle déteste ce prénom, ça me fait rire de l’utiliser pour elle. Donc, c’est pire si elle vient, Sheila est sculpturale. Elle est danseuse et elle fait aussi du strip-tease le week-end dans des soirées. Elle s’en fout de se promener nue en public. Puis je passe toujours inaperçue à côté d’elle. J’avais peur qu’il ne voie qu’elle et finisse par lui filer un rendez-vous pour la sauter un de ces soirs. Ça la dérangerait pas, elle m’a déjà dit qu’elle prendrait bien un petit coup avec lui pour pouvoir toucher ses muscles de plus près. Le seul truc qui l’arrête, m’a-t-elle dit, c’est qu’elle sait que je suis accro à lui. Elle, elle s’en fout, une petite coucherie et on n’en parle plus. Même avec un copain, ça ne lui pose pas de problème. Mais elle se trompe, suis pas accro à Miguel, on est très amis, on s’écrit des mots tous les jours, oui et alors ? On est assez fusionnels. Et on aime ça tous les deux, parce que si je ne lui envoie pas un petit mot tous les jours, c'est lui qui me demande si ça va et prend de mes nouvelles. Et là, pour mon anniversaire, il a voulu me faire plaisir. Que je prenne soin de moi. Il m’a offert un forfait complet, soin du visage, sauna, hammam et moment détente. Et il a invité Sheila en plus pour me rassurer parce qu’il sait que je suis pudique et que je serai mal à l’aise si c’est sans maillot. Il est adorable, il sait vraiment me faire plaisir. Et encore, il m’a dit qu’il avait une surprise pour moi le soir. J’y croyais pas. Il m’a encore invitée au resto en plus. Mon autre resto préféré pour me remonter le moral, qu’il m’a dit. Mais je vais très bien pourtant ! En plus, on doit déjà aller à l’autre, suite au concert. Il m’a dit qu’il avait remarqué que j’étais pas dans mon assiette ces derniers temps. C’est vrai qu’au boulot, c’est pas le top. Ils sont tous tendus comme des strings là-bas, sais pas pourquoi. Ça doit être le nouveau projet en négociation. Mais de toute manière, ils vont l’avoir, c’est presque déjà signé, je vois pas pourquoi ils font autant de show ces idiots-là. Enfin, je lui en avais touché un mot un soir au tél. Il m’avait appelée parce qu’il trouvait que j’étais froide sur Skype. C’est vrai que j’avais la tête ailleurs. On avait parlé jusque tard dans la nuit. Il m’a raconté ce soir que le lendemain, au boulot, il avait la tête en vrac, mais il voulait pas me le dire parce qu’il voulait pas que je culpabilise. Et les thermes, c'était génial. Il s'est occupé de moi, il m'a même fait un massage au savon dans le hammam. Il avait tout préparé pour moi. J'étais aux anges, comme si j'étais sa petite princesse de la journée. J'en oubliais que Sheila était là. Elle est d'ailleurs partie avant qu'on mange, elle a dit qu'elle devait se lever tôt le lendemain. Mais elle avait l'air de s'ennuyer un peu quand même. C'est vrai que je ne m'en suis pas tellement occupée, j'étais avec Miguel et on discutait à deux. Du coup, on a mangé tous les deux dans un coin tranquille. Puis il m'a proposé de me masser dans la salle de repos. J'étais pas très à l'aise parce qu'on n'était que tous les deux dans la salle, puis nus en plus. Il avait mis mon paréo sur mes fesses pour me rassurer. Mais il se moquait de moi. Je n’osais pas trop le regarder, il est vraiment... Un régal pour les yeux. Je lui aurais bien proposé un massage, mais j'avais peur de déraper. Ce mec est une vraie crème, il s'est vraiment bien occupé de moi. J'étais vraiment détendue après et c'était bon. On est d'ailleurs restés allongés tous les deux, à discuter un moment, vu qu'on était tranquilles. Je lui ai dit qu’il méritait un gros câlin et ça l’a fait rire. Je savais plus où me mettre, moi. Il trouve ça mignon, moi, je fais mon possible pour cacher qu’il me trouble. Je lui ai fait un câlin juste pour le plaisir d'être dans ses bras. Officiellement, pour le remercier. Mais surtout parce que c'est bon les câlins, surtout d'être dans ses bras. J’avais juste remis le paréo sur moi, pas le peignoir, c’est trop épais. »
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MessageSujet: Re: Ma vie en blog   Jeu 16 Fév - 4:14

Chapitre 5
Samedi 18 mars 2000

Clotilde est au Triton, la boîte de nuit où ils ont l’habitude de se retrouver entre amis.
‒ Salut, Clo, Seb n’est pas là ? demande Jonathan.
‒ Non, pas ce soir, répond Clotilde.
‒ Ah ben tu vas pouvoir en profiter pour danser avec nous ! s’exclame Quentin.
‒ Yop Clo, où est Seb ? demande Thibaut en venant la saluer.
‒ Pas là, il a une compète demain.
‒ OK, vous êtes dispos pour la soirée rétro du vingt-trois mars ?
‒ Faudra que je lui en parle, mais il me semble qu’il m’avait dit qu’il était partant.
‒ Yo Clo ! Remise de ta cuite ? demande Nicolas.
‒ M’en parle pas.
‒ Seb t’a pas fait un sermon ? Il avait l’air fâché.
‒ Euh non, pourquoi ?
‒ T’as manqué de faire un strip-tease. J’ai bien cru qu’il allait démonter le mec, raconte Nicolas.

« Dimanche 19 mars 2000 - 15 h 26

Je suis allée danser au club où on va toujours le samedi soir. Mais ce n’était pas pareil. Miguel n’était pas là, il avait une compète de sport le lendemain, il voulait être au top. J’y suis allée quand même avec les autres. Mais j’ai vite regretté. Toujours les mêmes têtes, la même musique. La même soli-tude, sauf que la mienne était aussi palpable que celle des autres. Il m’a manqué. Je n’aurais pas dû venir. Alors j’ai dansé toute seule. J’ai envoyé promener ceux qui m’ont invi-tée à danser. Sans compter les autres qui viennent toujours tenter leur chance. On sait jamais, quelquefois que sur un coup de tête, j’accepte d’aller faire un tour dans leur voiture. Je suis partie assez tôt. Il n’était pas là, je m’ennuyais, avec en plus des boulets, tout le temps les mêmes, en plus, qui pro-fitaient que Miguel n’était pas là, parce que d’habitude, on danse ensemble, ils ne viennent pas, j’en ai eu ma claque assez vite. Je crois que la prochaine fois, je ne viendrai plus. Pas toute seule en tout cas. Sheila n’était pas dispo non plus. J’ai besoin de changer d’air et aussi peut-être de changer d’endroit. Ils m’ont gonflée. Ah, Miguel n’est pas là, tu restes avec nous ! J’t’explique, mon garçon, même avec de l’entraînement, tu ne rivalises pas avec Miguel. Retourne jouer dans ta cour… Quoi qu’il en soit, je ne passe pas un mois de plus en étant célibataire, c’est clair. Un toutou, un flamby, un monsieur muscle, m’en fous, mais je veux avoir quelqu’un à appeler et avec qui prévoir quelque chose. Même si ça doit durer juste quelques jours. Un mec qui me dira des petits mots gentils. Ça m’ira toujours pour briser le quotidien. Metro-boulot-dodo, c’est pas pour moi. Heureu-sement que j’ai Miguel en ligne tous les jours. Il me change les idées. Je vais lui envoyer un mot moqueur pour lui dire qu’il a manqué une super soirée et que sans lui, c’était vrai-ment pas pareil. Mais il faut que j’arrête avec ces idées d’amoureuse avec lui. Ça me met trop la tête à l’envers. Faut que j’arrive à me dégoter un mec pour l’oublier lui. Même si je sais que le candidat ne sera pas à la hauteur, tant pis, mais au moins, j’aurais tenté quelque chose. En plus, ils m’ont tous parlé de la soirée d’anniversaire du copain où j’étais tellement bourrée que je me rappelle de rien. J’ai manqué de faire un strip-tease. Je savais plus où me mettre. Miguel ne m’en a pas parlé, ni du fait qu’il a calmé le type qui m’avait défiée d’un seul regard. C’est un gentleman. Vraiment.
Pis ce dimanche matin, en écoutant de la radio, je tombe sur “Pas d’ami” de Stephan Eicher. C’est un chanteur qu’il aime beaucoup. Je l’avais oubliée celle-là. Dès que la musique a démarré, j’ai pensé direct à lui. Je connais cette chanson par cœur, je l’écoute en pensant à lui, et même le clip, ça me fait penser à nous deux. Enfin, nous deux, je ne peux pas parler comme ça, on n’est pas un couple, mais pourtant… Je fan-tasme sur un truc impossible. Il est adorable, attentionné et je ne comprends pas pourquoi il n’a pas de copine fixe. Ça a souvent défilé. Il y en a même que je n’ai jamais vues. Mais aujourd’hui, s’il devait en trouver une, je crois que je lui crèverais les yeux. Je n’arrête pas de penser à notre soirée aux thermes. Il m’a massée pour me détendre et moi, je pen-sais à ce qu’il me ferait si on était au lit tous les deux. Du coup, par moment, je devais me reprendre, parce que je sen-tais que je frémissais dès qu’il posait sa main sur moi. Et c’est arrivé trop souvent à mon goût. Faut que je me calme. Sinon, je vais encore bondir dès qu’il va me toucher et il ne va pas comprendre pourquoi. Sheila me dit que je devrais le faire, coucher avec lui. Au moins, ça me calmerait et ça reti-rerait mes fantasmes sur lui. Mais comment gérer l’après ? On fait quoi ? Suis perdue et de toute manière, je ne veux rien faire. C’est mieux comme ça, sinon, on ira droit à la catastrophe. Et j’arrête d’écouter aussi cette musique, encore une fois, parce que j’aime me faire mal :
“Quand tu t’approches de moi, ton parfum me fait baisser les yeux, et si tu touches mes mains, je m’arrange pour ne pas y penser
Je n’ai pas d’amie comme toi, oh no no no, pas d’autres amies comme toi”
En plus, il l’a chantée pour moi il y a quelques semaines au karaoké. J’ai failli en pleurer. Heureusement que Sheila m’a dit une connerie pour m’aider à me reprendre d’un coup. Je suis allée le rejoindre et je lui ai fait un gros bisou et un câlin en public tellement j’étais émue. Pis tout le monde nous a sifflés pour se moquer de nous, comme si on allait leur an-noncer qu’on est ensemble. J’en peux plus. J’arrête la radio et je mets un CD parce que j’ai l’imagination qui déraille complètement. »

Clotilde est sur l’ordinateur, assise sur son canapé, connectée à Facebook qu’elle consulte pendant que le co-chon d’Inde court dans ses pieds.
‒ Alors champion, t’as tout gagné ? demande-t-elle à Sébastian.
‒ Presque, je finis 3è, mais c’est pas mal.
‒ Oui, c’est mieux que la dernière fois !
‒ T’es encourageante quand tu t’y mets…
‒ Tu vas continuer à t’entraîner et t’y arriveras, je crois en toi, t’es le meilleur, tu vas tout défoncer.
‒ T’en fais trop là… Et toi, qu’est-ce que t’as fait ?
‒ Suis allée au Triton. T’as le bonjour de tout le monde. C’était une super soirée, dommage que t’étais pas là… ^^
‒ Je t’ai manqué ?
‒ C’était pas pareil quand même. En plus, ils m’ont re-parlé de la soirée chez Nico. Je suis désolée pour ce que j’ai fait, je me rappelle pas de tout.
‒ T’étais pétée, Tida, c’est pas grave. Mais fais atten-tion à ne pas trop boire, ça te fait faire n’importe quoi.
‒ J’ai rien vu venir. Je me rappelle pas avoir bu tant que ça, à peine 4 verres, mais c’est traître.
‒ Ben c’est pas grave, j’étais là, de toute manière.
‒ Oui, t’es un super ange gardien. Sinon, je me serais arrêtée à un verre, pour goûter. Tu fais quoi ce soir ?
‒ Rien de spécial, je crois que je vais aller au pieu de bonne heure.
‒ Si tu veux passer, je te prépare un petit truc et on la fait pas tard.
‒ Si tu me prends par les sentiments… J’arrive dans une heure.
‒ Parfait !
Clotilde est occupée dans la cuisine quand Sébastian ar-rive. Il a ouvert la porte directement avec ses clés et a posé son sac à l’entrée. Il arrive derrière elle et l’embrasse douce-ment sur la joue en la serrant contre lui.
‒ Bonjour petite cuisinière.
‒ Tu veux mettre la table ? C’est bientôt prêt.
‒ Demain, si tu veux, c’est moi qui amène le tout et tu n’auras qu’à préparer. Qu’est-ce que tu veux manger ?
‒ Ne viens pas trop tard si c’est un truc qui prend du temps, lui répond-elle.
‒ J’arriverais juste après le boulot directement. On fera les courses ensemble.
‒ Ce serait plus facile, oui, si ton chantier est plus proche, tu peux dormir ici.
‒ Ah ben justement, maintenant que t’en parles… Ce soir aussi, je peux ? lui demande-t-il.
‒ Bien sûr.
‒ Super. Tu veux un petit apéro ?
‒ Avec plaisir, oui. Au fait, ils m’ont demandé si t’es intéressé d’aller à la soirée rétro.
‒ Ah oui. J’avais oublié. On avait dit oui ? Qu’est-ce que t’en penses ?
‒ Je le mets dans notre calendrier si tu veux ?
‒ Oui, comme ça, j’oublierai pas, répond-il.
‒ Et le week-end chez Nanou et Pierre, t’as pas oublié ?
‒ Si c’est dans le calendrier, c’est OK.
‒ T’inquiète, dès qu’on a eu une date commune, je l’ai gravée dans le marbre.
‒ T’es la meilleure ! Bon et comme dessert, tu m’as préparé quoi ?
‒ J’ai tenté les mantecados*.
‒ Dis donc, t’as de l’avance, on a passé Noël !
‒ Oui, mais justement, je voulais tester et que tu me dises ce que t’en penses.
‒ Où est Babe ? demande-t-il en cherchant le cochon d’Inde.
‒ Dans sa cabane, je crois qu’il te boude encore parce que dès que tu arrives, il va dans sa cage.

* Pâtisserie espagnole de Noël
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MessageSujet: Re: Ma vie en blog   Jeu 23 Fév - 16:23

Voix off de l'assistant :
Vous l'entendez ce petit gazouilli ? Ce son qui vous chatouille les oreilles de sa voix délicate ? Mais non, je ne parle pas de Nana Mouskouri qui chante, voyons ! C'est l'arrivée du jeudi ! Et d'un nouveau chapitre de Ma vie en blog !
Pour ceux qui n'ont pas lu le début, c'est ici
https://www.atramenta.net/lire/ma-vie-en-blog/64086
ou là :
http://gracieuserobert.forumactif.be/t202-ma-vie-en-blog

Chapitre 6 :
Mercredi 22 mars 2000

Sébastian travaille dans le quartier où vit Clotilde. Il connaît ses horaires et décide d’aller lui rendre une petite visite en sortant du travail. Devant sa porte, il s’arrête avant d’ouvrir, car il entend des cris de plaisir inattendus. Elle semble s’amuser avec un homme. Il attend, en faisant les cent pas dans le couloir, agité, que les cris cessent. Il frappe et attend qu’elle ouvre elle-même, quelques instants plus tard. Une veine palpite sur son front.
‒ Ah, salut Tino. Je ne t’attendais pas. Euh… J’ai de la visite de Wilfried, un… un copain, lui annonce-t-elle, un peu gênée, échevelée, Wilfried, voici Sébastian un de mes meilleurs amis.
‒ Salut ! dit Wilfried en faisant un geste de loin, passant la tête hors de la salle de bain.
Les présentations sont très froides. Clotilde est vêtue d’un peignoir rapidement attaché.
‒ J’avais un chantier pas loin alors je suis venu te rendre une petite visite. Mais je vais te laisser vu que tu as du monde chez toi, dit froidement Sébastian.
‒ Mais non ! Wilfried allait partir justement. Une petite douche et j’arrive !
Wilfried s’est posté près de Clotilde, lui tenant la taille de manière possessive. Il embrasse Clotilde assez longtemps dans le couloir, elle se laisse faire, un peu gênée. Sébastian regarde ailleurs. Il va s’asseoir sur le canapé et prend une revue qu’il feuillette avec des gestes saccadés en attendant que le visiteur prenne congé.
‒ J’arrive de suite, Tino ! Sers-toi à boire en attendant, lui dit-elle avant de courir s’enfermer dans la salle de bain.
‒ J’ai pas soif, merci, répond-il sèchement.
Il reste assis dans le salon, tournant les pages du magazine sans les lire. Il en arrache une en la tournant.
‒ Je vais te préparer un truc, je n’ai pas eu le temps avec la visite de Wilfried. Tu veux dormir à la maison pour gagner du temps de sommeil demain ? demande Clotilde revenue habillée.
‒ Je pense pas, pas ce soir, te casse pas, je vais aller à la salle, je préfère manger après.
Il se lève et l’embrasse doucement sur la joue.
‒ Bonne soirée, je t’appelle.
Il jette les pâtisseries qu’il avait apportées dans la poubelle en allant rejoindre sa voiture.

« Mercredi 22 mars 2000 - 18 h 54

Je suis restée sans poster hier, parce que j’ai essayé de ne plus y penser, mais c’est trop dur. Je m’étais promis d’écrire un peu tous les jours, comme un journal intime, même si on pense qu’on n’a rien à dire, il y a toujours quelque chose à raconter. C’est comme chez le psy, on y va en se disant qu’on n’a rien à dire, pis on passe une heure à parler. Ici, c’est pareil, mais c’est quand même bizarre ce qu’il s’est passé. Ça me fait du bien de mettre à plat ce que j’ai dans la tête. Surtout que je ne me sens pas jugée ici. Si ça se trouve, en plus, personne ne me lit, mais je m’en moque, ça m’aide à y voir plus clair. Enfin, c’est une façon de parler, parce que je crois que je suis encore plus larguée chaque jour. Quand je pense à Miguel, je perds la tête et j’imagine toujours des trucs qui ne sont que dans mon imagination. Mais il s’est quand même passé un truc bizarre aujourd’hui. Mon sex-friend est venu me voir, on s’est éclatés comme des bêtes. Il habite loin et quand il vient dans le coin, il m’appelle tou-jours. Quand je suis dispo, on se voit, sinon, il prend quelques nouvelles, on s’amuse à se chauffer au téléphone, pour le plaisir, pis voilà. Il n’y a qu’avec lui que je fais ça, mais je n’arrive pas à m’arrêter, c’est comme une drogue. Il est venu me chercher après le boulot, les retrouvailles ont duré un moment. J’avais posé mon après-midi pour bien en profiter. Mais on a été surpris par Miguel. La tête qu’il avait… Je crois bien qu’il nous a entendus. Je savais plus où me mettre quand j’ai ouvert la porte. Je me rappelais pas qu’il devait venir. Sinon, j’aurais pas pris un rendez-vous avec ce copain. D’ailleurs, je ne crois même pas qu’on avait un truc de prévu, mais soit. Il n’avait pas l’air content quand j’ai ouvert la porte. Même s’il affichait un air avenant. Ça sonnait faux. Je le connais. Oui, je lui avais déjà raconté que je m’amusais parfois avec un mec, sans lendemain, tout ça, mais bon, il ne m’avait jamais vue avec ce type et encore moins entendue en pleine action. Parce que je pense qu’il nous a entendus. Quand même pas la même chose, quoi. Je sais pas quoi faire. Il avait pas l’air d’apprécier de s’être retrouvé là. Comme si je l’avais fait exprès. Je l’ai fait rentrer quand même, ma visite devait partir de toute manière, l’autre s’est un peu comporté comme si j’étais sa copine, comme s’il voulait marquer son territoire. Miguel n’a rien dit. Il est resté froid. Même avec moi après que mon copain soit parti. Pour-quoi les mecs sont toujours en train de se montrer qui a la plus grosse ? Moi, je les apprécie tous les deux, chacun pour ce qu’ils m’apportent. L’un, c’est les orgasmes, l’autre, c’est l’amitié. Et même plus. Enfin non, juste l’amitié, et c’est déjà énorme. J’ai raconté ça à Sheila qui était pliée de rire. Elle a trouvé la situation cocasse. Moi pas. J’étais pas très à l’aise quand même. Et d’ailleurs, Miguel n’est pas resté très long-temps. Il avait un chantier dans le coin et il voulait passer me faire un coucou pour savoir si ça allait et si j’étais dispo pour aller boire un verre. Je crois qu’il a vu que je ne m’ennuyais pas. Finalement, on ne l’a pas bu ce verre, il est parti vite. Il a préféré aller à la salle que de rester manger avec moi. Sheila m’a dit que j’aurais dû l’inviter à se joindre à nous. Un truc à 3, c’est toujours plus sympa. Je n’oserais jamais. Je n’arrive pas à faire ça. Elle est si délurée… Elle arrive à bien séparer les choses, elle. Moi, j’arrive pas. Je la vois demain, elle veut que je lui raconte tout en détail. J’ai du mal à comprendre pourquoi Miguel a réagi comme ça. Je ne suis pas sa nana, quand même ! »
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MessageSujet: Re: Ma vie en blog   Jeu 2 Mar - 4:56

Voix off : dans l'épisode précédent, Clotilde se comporte comme une femme et se fait...
Voix off de l'assistant : Mais c'est fini oui ! C'est moi qui fais les présentations ! Pas des voix au rabais ! Hop ! Dehors !
Donc, chers lecteurs, en ce doux jeudi où Mars s'exprime pleinement avec la pluie, le vent et les températures froides (non, pas les glaives, le sang et les batailles..) voici le nouvel épisode de Ma vie en blog.

La suite est sur Atramenta.
La vieille a décidé de me faire économiser un peu de temps et de centraliser ses textes ici. Tant mieux, j'ai plus de temps pour... travailler pour elle.
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MessageSujet: Re: Ma vie en blog   Jeu 6 Avr - 22:11

Voix off :
Hou hou ! On est jeudi ! On lève les bras, on bouge son corps et on attrape la souris du PC ! On la fait glisser délicatement sur le bureau (ou le tapis décoré avec la photo du chat/du chien/des enfants) on va choisir l'adresse d'Amazon, et on va chercher Ma vie en blog !
Il est aujourd'hui disponible sur ebook !
Et là, on se met à chanter, à danser et à sauter de joie, parce qu'on va pouvoir avoir la suite ! Surtout qu'il ne coûte que 0,99 € pour les deux prochaines semaines !
Je tente de négocier le petit chocolat offert en prime, mais la vieille préfère les manger.
Bonne lecture à tous ! N'hésitez pas à commenter et à partager pour annoncer la bonne nouvelle !

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MessageSujet: Re: Ma vie en blog   Sam 10 Juin - 9:15

-- Mon petit bouchon, nous allons faire une promotion pour Ma vie en blog. Voilà le texte, et tu ne fais pas de rajout, tu postes directement !
Voix off : -- Toujours, Gracieuse, vous savez que je suis la conscience professionnelle incarnée.
-- Si j'arrive à vendre assez de livres, tu seras récompensé, tu auras un chocolat.
Voix off : -- Un Pierre Marcolini ?
-- N'abuses pas non plus. Un carré de côte d'or, voyons.
Voix off : -- Madame est trop bonne !
-- Elle sait.
"Gracieuse est généreuse avec ses lecteurs (et seulement eux, comme vous l'avez déjà remarqué). Elle a décidé d'offrir une notice pour tout achat de son nouveau (et unique) roman Ma vie en blog en vente sur Amazon au prix attractif de 0,99 €. (Vous auriez tort de ne pas en profiter, une notice gratos alors qu'elle n'en diffuse plus...).
Aimez la page, si ce n'est déjà fait, achetez le livre, envoyez-moi une preuve d'achat, je vous fais bénéficier de ma notice. (et de sa grande sagesse, mais vous la connaissez déjà pour en bénéficier régulièrement) à assistant@gracieuserobert.com
La promotion est valable de maintenant jusqu'au 30 juin 2017. Profitez-en vite avant que le prix ne remonte ! (Il faudrait être fou pour ne pas en profiter !)"
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